Cradle, a Life Stadium

Cradle, a Life Stadium, lampshade, book cover, wood, 2015-2024, Jung Yeon KIM

Cradle, a Life Stadium, lampshade, book cover, wood, 2015-2024, Jung Yeon KIM

Reality, 10m39s, 2018
The project « Reality, 2017-» scrutinizes a possible range of « real worlds » that either could be defined or shared in a particular society, defining indeed an era. Human tools are spotlighted here, from the sacred ones for traditional ritual to the latest technology, as symbolic indicators of worlds in another dimension, also as effective solvents between material and immaterial worlds. What defines a real world varies with individuals, society and culture. Nevertheless a material conception of the world has been placed as the perceptible and commonly shareable foundation of its structure, yet creating friction with concepts of immaterial reality. If a spiritual world concept has been concretized by religious beliefs, and they have been representing it as a mouthpiece from the beginning of human belief history, the digital culture built latterly over two centuries seems tofurther outstretch the possible territory of an immaterial world. In our extremely visual culture, technologies such as VR (Virtual Reality) let us approach disembodied utopian space, using neurocognitively valid optical illusion to foster human belief in its realness. Having witnessed the extension of human world concepts via such above-mentioned immaterialities, the project proceeds in discovering how tools and their exploitation might represent as medium such notional transitions. Ultimately it projects the shapeless nature of reality and forges our definitions of what is real, which is in a state of constant flux due to human imagination, belief and cultural by-products. The project has been developed partaking of various media. Using field research in the domain of Anthropology, the project came across unexpected resources and could be shaped up in textual, audio-visual and photographic records. The video above, produced after a long stay in Man on the Ivory Coast for research into the Dan tribe’s Ge performance, represents the very first trace of that work.
리얼리티(Reality, 2017-) 는 개인과 사회가 정의하거나 공유하는 지각된 « 현실반경 »의 범위와 인간이 사용하는 도구와의 상관성을 주제로 인류학 분야의 현장조사와 기록을 매개로 병행작업하는 방식을 취한 프로젝트이다.현실세계에 대한 개념과 정의는 개인, 사회, 문화별로 상이하겠으나, 공통적으로 지각가능한 물질적 세계(material reality)에 기반하여 비물질적 세계(immaterial reality)에 대한 관념이 공존, 혹은 갈등하는 구조를 이루어왔다. 종교적 신앙으로 구체화된 영적세계(spiritual reality)가 비물질적 현실관을 대변하며 존속을 시도해왔다면, 두세기에 걸쳐 구축된 인터넷과 디지털 문화는 가상현실(Virtual Reality) 이라 불리는 공간을 통해 비물질적 세계와 탈 신체적 유토피아를 재현해냈다고 할수 있겠다. 후자의 경우, VR 또는 AR 등의 도구의 개발로 인간의 시지각 기능이 가상공간의 사건을 실제와 흡사히 받아들여 두뇌인지를 비롯하여 신체기능에 영향을 주는 단계에 이르렀다. 본 작업은 신체적, 물리적 현실관에서 출발한 인간의 현실 관념의 반경이 상기의 두 비물질적 세계까지 증폭되는 현상을 주시하고, 도구라는 매체와 개발이 이 현상을 어떻게 대변하는지 설명하며, 각 시대의 개인이 받아들이는 사실 혹은 현실이라는 개념의 범위가 인간의 상상과 믿음, 기술에 의해 변해가는 가변적특성에 대해 이야기한다.
2024.9. KJY



Les connaissances acquises permettent à l’être humain d’élaborer un comportement adapté aux normes de la société. S’étayant sur nos souvenirs cumulés, elles orientent nos comportements individuels qui suscitent tels ou tels phénomènes sociaux. Ces « faits » perçus selon divers points de vue sont archivés sous l’appellation de culture ou d’histoire. Lors de ce processus, chaque spécificité géographique et chaque état psychologique ajoutent une variante à l’histoire commune, en même temps qu’une impossibilité de concevoir ces pans subjectifs en tant qu’« histoire absolue ». Malgré tout, les langages humains connectent ces points l’un à l’autre, visant une généralité et une objectivité de l’histoire, chaque extension étant toujours confrontée à la subjectivité découlant de toute perception individuelle. Puisque l’histoire ne peut absolument constituer un consensus, il nous faut la définir autrement, comme un ensemble de réalités individuellement perçues.
L’être humain, ancré dans la société, est cerné par une réalité « influencée par son entourage matériel », qui oriente son raisonnement, ses décisions, sa situation personnelle, etc. Notre « réalité matérielle » entretient ainsi une relation réciproque avec cette réalité personnelle par le biais de la perception de notre environnement. Si l’on parcourt l’histoire de l’humanité, on constate qu’elle a changé progressivement à travers l’adaptation à de nouveaux outils conçus pour améliorer le confort de notre vie. De l’invention de ces outils et de la maitrise de chaque technologie inédite, résultent de nouveaux comportements, des métiers ou des normes sociales qui nous permettent d’« utiliser » notre réalité représentée d’une certaine manière. Dans ce sens, l’invention d’outils contribue à créer le mode de vie « général » d’une société. Après une invention, s’ensuit une période d’adaptation et d’utilisation permettant à la perception humaine de l’admettre comme relevant de la réalité, son « emploi » déjà admis générant des modes de comportement consensuels.

Parlons des objets, particulièrement de ceux qui interviennent dans la communication directe et la circulation physique des individus. Qu’il s’agisse du marteau d’un juge, d’un stylo, d’une porte, d’une enveloppe timbrée, d’une voiture, de journaux, ces choses banals nécessitent d’abord que nous apprenions leur mode d’emploi. Lorsque l’on écrit avec un stylo ou que l’on ouvre une porte, cela veut dire que notre main maîtrise la tenue du stylo ou le maniement de poignet, et que conjointement, dans la pratique, nous sommes aptes à « passer à acte », que nous possédons la capacité intellectuelle de mettre en pratique nos décisions.
Nous hésitons devant la porte massive du bureau d’un PDG. Cette ultime zone, ordinairement inaccessible, renferme certainement des objets qu’on ne peut s’offrir. L’impression générale que nous ressentons face à cette porte, n’est nullement identique à celle suscitée par les portes de pièces usuelles. Ce type de signification supplémentaire socialement imposée par un objet-outil, qu’un homme ne peut régenter, fait que cet homme va adopter un comportement « poli », parce qu’il est conscient que cette relation sociale pourrait susciter un choc. Devant un stylo doté d’un mécanisme à rotation si spécial et coûtant plusieurs centaines d’euros, on peut essayer d’en comprendre le prix en envisageant ses performances innovantes, mais ce choc, quand il concerne des sommes créditées sur des comptes en banque, agit aussi sur notre comportement, un mode d’existence, nous « modérant ».
Ainsi, face à ces objets-outils porteurs d’un sens socialement significatif, l’homme est placé dans une situation relationnelle, qui lui est imposée, qui premièrement modifie son comportement physique et qui, deuxièmement, l’incite à s’adapter à ces diverses significations socialement nuancées auxquelles nous nous retrouvons confrontés devant ces milliers de portes que comporte une ville. La « maîtrise » de chaque objet ne s’avère donc pas si évidente. De par leur nature, les objets et les êtres humains impliquent également des pratiques « médiatiques » car, en tant que porteurs de sens, ils orientent nos modes de comportement physique et psychologique. L’« outil » renforce encore davantage ce sens. Dans cette rechercche, la « réalité » est donc définie comme l’ensemble de ces relations matérielles, immatérielles, entre êtres humains et leurs objets.
Live, Esquisse_3, C-print, 2016Aucune définition précise de la réalité n’a jamais fait consensus. Quelques termes notifiant cette subjectivité ont été adoptés par des anthropologues, tels que : le « monde intentionnel » composé d’objets intentionnels de Richard Shweder, la « manière de percevoir notre environnement » et la « construction culturelle variable de la réalité » de Tim Ingold. Ceci implique non seulement que notre perception individuelle est subjective mais que chaque groupe use aussi de concepts propres pour appréhender ces réalités parfois inconciliables.
Les faits sont généralement jugés comme « réels » : le mot « jugement » nous donnant un indice faisant que nous nous devons de réfléchir à notre structure idéologique constituée de signes conventionnels. Dans le mode de classification actuel basé sur des catégories empiriques, la matérialité est véritablement accentuée comme condition d’existence des composants « réels ». Ce projet concerne nos multiples visions du monde qui ont progressivement changé et poursuivra le processus de cette dichotomie structurée de nos jugements du « réel-irréel ». Une approche de la nouvelle « réalité » virtuelle et son dernier outil-médiateur, le casque VR (réalité virtuelle) marquent le point de départ de notre recherche. Dans les débats et les articles remettant en cause l’authenticité des images produites par cet objet artificiel, on constate cette étrange situation faisant que le champ de la « réalité » se prolonge ou se rétrécie selon nos jugements subjectifs.
En posant pour problématique« Les objets-outils sont-ils capables de changer la notion humaine de réalité ? », concentrons-nous tout d’abord sur ce terme « objets-outils ». Ce mot présuppose à la fois la suprématie de l’homme et nous fait redouter cette place dominante des hommes, en impliquant également des relations mutuelles au cours desquelles l’homme si autonome devient dépendant de ces objets : qu’il en soit le créateur, le concepteur, l’utilisateur, le collectionneur, etc. Pour entrevoir cette relation avec objectivité, nous souhaitons sortir de cette généalogie anthropocentrique et observer cette circulation qui s’articule entre vivants et non-vivants. En effet, concrètement, nous, les homos sapiens “modernes”, côtoyons beaucoup plus des objets comme nos chaussures à semelles en caoutchouc que nos voisins.
-extrait du texte, Jung yeon KIM, 2016

Esquisse _1, Esquisse_ 2, C-print, 2016

« Comment les individus hyper modernes se rassemblent en collectivité ».
Taking part in memory a commencé par une recherche théorique sur la configuration des masses contemporaines. Il repose sur les actions des médias incitant à une participation virtuelle aux « hyper spectacles ». Un fragment de ce slogan, « Taking part » met en avant la problématique de la notion réelle de « participation ».


